AfterFoot Association

Greg, que deviens-tu? Quelles sont tes activités aujourd’hui?

J’entraîne maintenant à l’Olympique Lyonnais. J’ai un contrat pour trois ans. J’entraîne les gardiens.

C’était un souhait de ta part de faire ça, ou tu as su saisir une opportunité qui se présentait?

Je suis parti dans les médias tout de suite à la fin de ma carrière qui était prévue et anticipée. Donc je suis allé à RMC et BFM, j’ai travaillé sur la chaîne C Foot, j’ai fait 6 mois à Be In Sport. J’ai navigué entre la télévision et la radio. J’avais un projet de monter une académie sur Marrakech, ça n’a pas pu se faire pour différentes raisons surtout administratives et donc naturellement je me suis orienté vers l’entraînement. J’avais déjà mon BE1 (diplôme d’état) donc j’avais la possibilité de passer le certificat spécifique d’entraîneur de gardiens de buts avec la fédération donc j’ai fait ça. En janvier dernier, pendant 5 mois j’ai fait un stage à l’Olympique Lyonnais parce que le stage est obligatoire dans le cahier des charges, il faut faire un certain nombre d’entraînements, d’observations. Naturellement j’ai toqué à la porte de l’Olympique Lyonnais et puis derrière il y avait la possibilité d’avoir une place. Tout s’est enchaîné assez naturellement on va dire.

Tu as été plutôt chanceux de trouver rapidement et de t’épanouir là-dedans …

Oui parce que l’OL changeait de site aussi, passait de Tola Vologe au Parc OL. En fait il fallait doubler le poste d’entraîneur des gardiens de buts. Et ça tombait plutôt bien.

Comment s’est passée ta fin de carrière? 

J’ai déjà eu la chance d’aller jusqu’à 38 ans donc c’était une volonté de ma part d’arrêter. Quand c’est ton choix c’est déjà important. C’est un arrêt décidé donc anticipé. Comme j’étais à Paris j’avais déjà commencé un peu à tisser ma toile au niveau des médias pour savoir si c’était envisageable de travailler pour eux. On va dire que quand j’ai arrêté c’était en toute sérénité quoi.

Une fin de carrière tardive donc, à quel moment tu as commencé à te poser des questions sur la suite, ta reconversion, ce que tu aimerais faire après le foot?

À partir du moment où tu passes les 30/35 ans tu commences déjà à y penser normalement. Même si tu envisages bien sûr d’aller le plus loin possible mais c’est vrai que naturellement on va dire, pour un gardien, tu y penses de plus en plus. Et puis à 38 ans je me suis blessé en plus donc mon niveau de performance n’avait plus moyen d’augmenter. À partir de ce moment-là la réflexion elle vient naturellement.

Explique-nous les démarches à ce moment-là. Tu as 38 ans, tu te blesses, tu sais que c’est la fin de ta carrière. Qui t’a aidé à passer ce cap?

C’est une réflexion qui concerne avant tout sa famille personnelle. Avec ma femme en priorité puis après bien sûr tu consultes la famille. Nous en plus nous sommes partis à Madrid donc il y avait cette question aussi : où vivre après? Il y a la volonté de préserver les enfants aussi, le fait que en France je suis un petit peu connu et donc en allant à Madrid on était vraiment préservé dans ce domaine-là quoi.

Tu as donc fait un stage à l’OL pour te former à ton nouveau métier…

Déjà je savais que j’étais fait pour ça plus ou moins. Je suis resté très très joueur dans l’âme. J’ai entraîné quand j’étais en activité aussi donc je savais le plaisir que ça me procurait. J’avais envie de faire ce métier-là. Maintenant je le découvre, je suis un jeune entraîneur aussi donc je découvre aussi le quotidien. Pour le moment je ne suis pas déçu puisque je suis toujours aussi enchanté d’été parti dans cette voie-là.

Tu as voulu monter une académie à Marrakech, ça n’a pas pu se faire pour des raisons administratives… Tu as essayé de monter d’autres projets comme ça au cours de ta carrière? 

J’ai eu un restaurant qui a duré quatre ans, ça n’a pas fonctionné. On était 4 associés, à partir du moment où l’un des associés qui était le vrai restaurateur et le vrai pro dans ce métier nous a quitté ça a été beaucoup plus compliqué. Mais ça a été une très belle expérience par contre. L’opportunité s’est présentée comme ça. Après j’ai la chance d’avoir une sœur qui est conseillère financière donc qui a toujours guidé mes choix financiers, mes placements. Par rapport à ça je suis très chanceux. Ça continue encore. Ça permet de se sentir tranquille.

Tu as pu investir beaucoup ?

Oui beaucoup, dans l’immobilier, la bourse, des œuvres d’art, des vignes… Plein de choses. Je n’ai jamais fait de gros placements risqués, ce ne sont que des petites choses qui fonctionnent bien. Par rapport au restaurant on a perdu un petit peu d’argent mais ce n‘était pas si important puisque la suite de ma carrière était déjà tracée. On s’en relève mais c’est vrai que si je n’avais pas eu les reins solides, c’est toujours un mauvais coup à encaisser.

Si tu pouvais recommencer cette étape de ta vie, tu as 38 ans, tu arrêtes ta carrière… Tu t’y prendrais comment si tu pouvais changer des choses ?

Très sincèrement je pense que je ne changerais pas grand-chose. Tout a été une bonne expérience. Il faut savoir aussi apprendre de ses erreurs et comme j’ai été plutôt bien conseillé je n’ai pas fait de grosses erreurs.

Qu’est ce qui a été le plus difficile quand d’un seul coup la carrière s’arrête ?

Pour moi ça a été idyllique puisque c’était une volonté d’arrêter, ça n’a pas été difficile. Arrivé à 38 ans il y a aussi une usure. Le fait de partir dans les médias m’a permis de faire un break aussi, de bien reposer mon corps. J’avoue j’ai passé deux ans où j’ai vécu tout ce que je n’avais pas pu vivre pendant ma carrière. Je ne ratais plus un mariage, je ne ratais plus un anniversaire… Je me suis bien amusé. J’ai fait quand même beaucoup de concessions avant ça, je n’avais pas un énorme talent naturel donc il a fallu que je travaille beaucoup pour arriver où je suis arrivé. J’ai dû être assez rigoureux avec moi-même. D’un seul coup tu vis sans pression, tu vis les weekends en famille et tu partages des moments avec tes amis aussi, ça a été deux années extra. Il y a une déconnexion naturelle pendant deux ans, où tu vis un peu ce que tu n’as pas pu vivre durant ta jeunesse et tu profites.

Ça a été plus un soulagement pour toi finalement…

Oui et je pense que c’est une chose importante à savoir. Il peut y avoir un petit coup de blues, mais dans mon cas c’était volontaire et anticipé. Décider c’est une chose, anticiper c’en est une autre. C’est très important d’avoir encore un projet derrière. Si c’est arrêter pour arrêter et te dire je profite de la vie mais je n’anticipe pas je pense qu’il peut y avoir un creux et un cap un peu difficile à passer.

Si tu avais des conseils à donner aux plus jeunes joueurs encore en activité et qui vont forcément passer par ce fameux cap dont tu nous parles…

Étant entraîneur maintenant je sais que les clubs doivent être capables de proposer des formations à leurs joueurs. Déjà savoir ce que l’on veut, ce que l’on aimerait faire et anticiper de la meilleure manière en préparant des diplômes et des certificats. Ça permet d’avoir aussi à nouveau une connexion avec la vie normale. Moi ça a été un plaisir de découvrir qu’il n’y a pas que le foot dans la vie. Quand on a la tête dans le guidon, qu’on n’a que cette activité là on a l’impression que tout le monde ne parle que football. On tombe dans une forme de paranoïa aussi, on a l’impression que tout le monde parle de nous tout le temps. Et en fait de ressortir un peu de ça, ça permet de voir qu’il y a beaucoup d’autres choses. Beaucoup de personnes ne sont pas du tout assidues au football et n’y connaissent vraiment rien et ça fait du bien. Souvent pas mal de personnes s’excusent de ne pas connaître le football quand on fait les présentations et je leur explique que au contraire c’est un vrai bonheur. Heureusement qu’il y a des gens comme ça. C’est u, métier qui est oppressant au quotidien, donc c’est vrai que ça fait du bien d’en ressortir quand même, dans mon cas ça m’a fait du bien. Mais ça peut être aussi un grand vide si on ne l’anticipe pas. Le meilleur conseil pour moi c’est d’anticiper les choses.

Comment tu vois la suite pour toi ? Des prochains rêves et objectifs ?

J’aimerais progresser dans mon métier, me faire une petite réputation. M’investir à 200% comme j’ai toujours fait pour tout. Voilà je vais tout donner. Après je verrai l’évolution de ma carrière, si je suis crédible ou pas.

Un club de rêve que tu souhaiterais entraîner ?

C’est mon club, l’Olympique Lyonnais. J’ai passé 11 ans et demi à Lyon en tant que joueur en activité j’ai aussi cette crédibilité par rapport à mon passé ici. Ça aussi c’est une force supplémentaire dans mon rôle d’entraîneur. Pour le moment je suis le plus heureux du monde. Après c’est vrai qu’entraîner et voir autre chose comme les Etats-Unis c’est une chose qui me plairait beaucoup.

Entretien exclusif AFTERFOOT ASSOCIATION réalisé par Lesly BOITRELLE le 24/10/2016